Cartographie des métiers de l’Horlogerie – Commerce de Gros
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Comprendre l’évolution du secteur et de ses métiers
Facteurs d’évolution
L’arrivée des montres connectées et des grands acteurs de l’électronique
Rappel du contexte
•
Une montre connectée est un objet qui se porte au
poignet, donne l’heure, bénéficie d’une fonction de
connexion et fournit un certain nombre de services
grâce au traitement des données collectées.
•
Les premières montres connectées ont été lancées dès
2010 par les grands acteurs de l’électronique grand
public et quelques start-ups du numérique. Elles
viennent concurrencer les bracelets connectés et les
montres mécaniques traditionnelles. Si les premiers
28
millions
de
montres exportées
p r la Suisse en 2014
4
millions
de montres
connectées vendues en
2014 (monde)
26,1
millions
de montres
connectées pourraient se
vendre en 2015 (monde)
Réactions
des horlogers traditionnels
Pas de consensus aujourd’hui : plusieurs
marques ont annoncé la sortie de leur propre
montre mécanique connectée (Swiss Made),
d’autres intègrent la connectivité sur le bracelet,
d’autres encore envisagent des partenariats hors
Suisse avec des acteurs de l’électronique, etc.
modèles arboraient les codes « geek » et n’ont pas connu le succès escompté, les dernières montres connectées mises
sur le marché reprennent les codes du luxe et de l’horlogerie traditionnelle.
•
On observe encore une certaine perplexité des consommateurs face à ce nouvel objet. Selon une étude Kantar, deux
tiers des Français n'ont pas l'intention d'acheter une montre connectée en 2015, son utilité restant à démontrer et des
inquiétudes persistant sur le respect des données personnelles.
Risques associés
•
La menace concerne principalement les acteurs positionnés sur le marché de l’entrée / moyenne gamme (<1000€), qui
voit arriver ce nouvel occupant du poignet aux multiples fonctionnalités comme un rival de poids. Le haut de gamme en
revanche devrait être moins impacté. Le choix de remplacer la montre mécanique de luxe par une montre connectée
car il s’agit d’un objet plus fonctionnel semble peu probable. Si c’était le cas, le téléphone portable aurait déjà anéanti
ce marché. L’horlogerie de luxe convainc ses consommateurs par d’autres arguments : une montre de luxe est un
marqueur social, tout le monde ne peut pas en porter une ; elle est souvent fabriquée par une marque ayant une longue
histoire et des valeurs fortes qui inscrivent cet objet dans le temps long (soit l’opposé des produits de l’électronique
grand public) ; il s’agit de porter un objet mécanique, miniaturisé de grande précision, ce qui est plutôt fascinant.
•
Les risques de défaillances de marques horlogères d’entrée / moyenne gamme (les plus gros volumes de vente) sont
une menace importante pour l’écosystème de sous-traitants de ces maisons.
•
Les acteurs de l’électronique grand public pénètrent le marché de l’horlogerie en important leurs modèles de
distribution (e-commerce, marketing viral, grande distribution…) et leurs modèles économiques (ventes de services,
etc.) ce qui peut perturber les modes de fonctionnement des entreprises de l’horlogerie traditionnelle.
Opportunités que cette évolution représente
•
Les montres connectées ciblent en priorité des personnes jeunes, ce qui pourrait les amener à plus porter une montre.
La connectivité deviendrait alors un moyen pour les horlogers de reconquérir cette population.
•
Les partenariats entre horlogers et acteurs du numérique pourraient coûter le label Swiss Made à certains, ces derniers
miseront alors sur leur notoriété et celle de la France, ce qui pourrait bénéficier au Made in France et encourager la
réindustrialisation sur le territoire. Qui plus est, la France, un des leaders mondiaux des systèmes embarqués, a des
compétences à faire valoir pour les horlogers qui voudraient revenir sur le marché grâce à la montre connectée.
•
Les centres SAV ont développé des services de réparation de smartphones, ils pourront demain se lancer dans
l’entretien et la réparation de montres connectées.
Impacts probables sur les métiers et les compétences
•
La fonction de connexion a toutes les chances de s’imposer dans l’horlogerie. Il faudra donc former les équipes de vente
qui formeront à leur tour les détaillants sur les spécificités techniques, les applications, les profils d’utilisateurs, etc.
•
Les partenariats horlogerie / numérique pourraient faire émerger le besoin de Responsables des Partenariats
• Dans leSAV, pour l’entrée et moyenne gamme, le remplacement sera la règle et les compétences nécessaires en
électronique seront faibles. Sur le haut de gamme, les marques devront en revanche se doter de compétences dédiées
en électronique et en informatique.
Retour à l’accueilSource : estimations GFK




