Cartographie des métiers de l’Horlogerie – Commerce de Gros
20
Comprendre l’évolution du secteur et de ses métiers
Facteurs d’évolution
Retour à l’accueilLa nécessité pour les marques horlogères d’innover et de sécuriser leurs
approvisionnements en pièces détachées et mouvements
Rappel du contexte
•
Le Groupe Swatch via des filiales comme ETA ou
Nivarox fournit une grande partie de l’industrie suisse
en mouvements quartz et mécaniques ainsi qu’en
pièces détachées. Or en 2002, Swatch annonçait sa
volonté de ne plus être le « supermarché horloger de
marques qui n’investissent pas dans leur outil
industriel ». En 2009, il décida qu’à partir de 2012, il ne
livrerait plus ses mouvements et pièces détachées à ses
concurrents. Face à cette annonce pouvant menacer
l’équilibre de l’industrie horlogère suisse, l’Etat suisse
imposa un retrait progressif.
Retrait progressif
de Swatch Group
En 2013, la COMCO (commission de la concurrence
helvétique) impose au groupe Swatch de réduire
progressivement ses livraisons de
mouvements mécaniques à des clients
tiers jusqu’à 2019. L’arrêt de la livraison
de pièces détachées a été jugé prématuré.
•
En France, et en Franche Comté en particulier, d’anciens fleurons revoient le jour. L’Observatoire de Besançon, l’un des
derniers observatoires d’horlogerie encore actif dans le monde vient d’être rénové. Erigé en 1878, cette institution a
longtemps été un symbole de l’expertise française en horlogerie. On y certifie des montres mécaniques de haute
précision. Les tests se font sur la montre assemblée, ce qui représente une spécificité de l’observatoire. A la suite d’un
contrôle individuel réussi de 16 jours, un bulletin de marche est délivré et la montre peut être frappée du prestigieux et
recherché poinçon de la vipère. Si le poinçon de référence actuellement reste le poinçon de Genève, le poinçon de la
vipère est également très recherché.
Risques associés
•
Les lourds investissements que devront réaliser les marques horlogères pourraient mettre à mal leur équilibre financier.
Ces investissements devront financer à la fois une R&D capable de contourner l’ensemble des brevets de Swatch et la
construction d’un outil industriel efficace. Une nouvelle fois, c’est principalement l’entrée / moyenne gamme qui est
menacée car les marques horlogères de luxe disposent déjà de leurs propres mouvements.
•
L’arrêt de la commercialisation des pièces détachées du Groupe Swatch risque de fragiliser les activités des centres SAV
multimarques dépendants de l’acquisition de pièces pour réaliser les réparations.
Opportunités que cette évolution représente
•
A l’heure d’une réorganisation industrielle en Suisse, la filière horlogère française a de nombreux atouts pour proposer à
terme une belle alternative en matière de fabrication horlogère pour les marques. La France bénéficie d’une légitimité
historique et d’une culture horlogère forte, sa filière de formation est performante, le pays jouit d’une image luxe forte
et compte des groupes majeurs de cette industrie, sa proximité culturelle, linguistique et géographique en fait un allié
parfait de la Suisse, le pays se trouve au centre de l’Europe occidentale, d’anciens fleurons de l’horlogerie renaissent…
Le timing semble être le bon… toutefois le label Swiss Made (60% de la valeur doit être d’origine suisse) reste
aujourd’hui incontournable et développer un appareil de production adéquate demandera de lourds investissements.
Cette ré-industrialisation horlogère (en particulier en Franche Comté) est donc envisageable, mais nécessitera un
soutien financier de l’Etat important et un accompagnement renforcé des TPE /PME pour évoluer d’une sous-traitance
sur commande à une dynamique de création et d’innovation.
•
Sans aller jusqu’à la renaissance du mouvement français, la France pourrait profiter de ces forces pour renforcer sa
position de back-office de la Suisse (R&D, support logistique, SAV, sous-traitance en fabrication…).
Impacts probables sur les métiers et les compétences
•
Des métiers pourraient renaître en France sur la fabrication de pièces détachées pour mouvements
•
Le repositionnement de centres SAV multimarques à des centres SAV mono-marque demandera d’évoluer de
compétences commerciales (développer et entretenir un réseau de clients) à des compétences marketing
(accompagner une marque horlogère dans sa stratégie SAV) et de développer l’efficience opérationnelle afin de garantir
les niveaux de services exigés sur le haut de gamme (ex. : délais d’interventions).




