Cartographie des métiers de l’Horlogerie – Commerce de Gros
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Comprendre l’évolution du secteur et de ses métiers
Facteurs d’évolution
La difficulté à recruter certains profils, notamment face à l’attractivité suisse
migratoires. Cependant, la Suisse a annoncé début 2015 la rénovation de sa formation initiale en la matière (7 métiers /
13 filières) pour faire face à la forte croissance de ses besoins (les effectifs ont cru de 56% entre 2004 et 2014).
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Parmi les métiers horlogers, les spécialistes en SAV sont les plus rares et les plus recherchés en France. Le diagnostic et
la réparation demandent d’importantes connaissances théoriques, une grande polyvalence et une forte productivité.
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Les fonctions marketing et digitales sont également rares dans l’horlogerie et ce d’autant plus dans des territoires à
faible attractivité. Les compétences existent en local, mais il leur manque souvent la culture et les us et coutumes de
l’industrie du luxe.
Risques associés
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Le départ massif des diplômés français vers la Suisse pénalise toute la filière aussi bien sur la fabrication que sur la
réparation. La filière perd continuellement des salariés depuis les années 70.
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L’absence de compétences marketing et digitales dans les entreprises pourrait leur faire rater le virage technologique
qui arrive avec la montre connectée.
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L’absence de compétences horlogères en SAV sur le territoire pourrait pousser les marques horlogères à délocaliser
leurs plateformes SAV ailleurs en Europe. L’Allemagne fait figure de principale concurrente.
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La réticence des entreprises à embaucher des jeunes en apprentissage et à investir sur leur formation pour les voir
ensuite partir en Suisse pourrait augmenter.
Opportunités que cette évolution représente
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L’expatriation des horlogers français pousse à une féminisation du secteur, notamment dans les zones transfrontalières
où les femmes acceptent moins les temps de transport induits quotidiennement. En France, l’aménagement du temps
de travail est un facteur d’attractivité des salariés, en particulier pour les femmes.
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Le renforcement du franc suisse renchérie les exportations suisses. Les marques suisses vont chercher à localiser en
zone euro un maximum d’activités, en particulier le SAV n’étant pas contraint par le label Swiss Made . Ces évolutions
pourraient entrainer un retour des expatriés français. Il faudra en revanche trouver les bons arguments pour pousser les
marques à s’installer en France plutôt qu’en Allemagne.
Impacts probables sur les métiers et les compétences
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Le renforcement des compétences horlogères en SAV sera un point critique des prochaines années et la disponibilité de
la main d’œuvre sera un critère décisif dans les stratégies d’implantations des plateformes SAV des marques suisses.
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Le développement de compétences autour des métiers du digital sera indispensable pour accompagner les entreprises
dans le virage numérique et leur permettre de capitaliser sur les compétences françaises en matière de systèmes
embarqués.
• Le développement de formations ou de spécialisations dans l’industrie du luxe pourraient permettre aux entreprises de
se doter des profils adéquates pour leur développement.
Retour à l’accueilLes travailleurs frontaliers
L’arc jurassien Suisse emploie plus de 33 000
travailleurs résidant en France dont 22 00 francs-
comtois. Ces derniers représentent moins de 5% des
actifs occupés habitant en Franche-Comté. Les
frontaliers sont particulièrement présent dans
l’horlogerie et la fabrication d’équipements
électriques ou ils représentent 16% des effectifs.
Rappel du contexte
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Les difficultés de recrutement dans la branche horlogère
française ne sont pas nouvelles mais elles se sont
accentuées ces dernières années.
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Les métiers techniques de l’horlogerie sont les plus
difficiles à recruter à cause de la forte attractivité de la
Suisse pour les jeunes diplômés français (salaires 2 fois
supérieurs). Toutefois les jeunes expatriés ne mesurent
pas toujours le coût élevé de la vie en Suisse et les écarts
culturels en matière de sécurité de l’emploi. La Franche-
Comté, par sa proximité avec la Suisse souffre davantage
que Paris de difficultés de recrutement. Le manque de
formation d’horlogers suisses accentue ces mouvements




